Paul Mc Cartney aka War Machine



Par où commencer... 
Allez, commençons par le début. Mais le "vrai" début, mon début.

Le 4 juin 2007 sortait l'album Memory Almost Full, j'avais 12 ans. Je me souviens avoir vu la pub à la télé avec la chanson Dance Tonight. L'air m'était resté en tête un moment et je m'étais fait offrir l'album un mois après pour mon anniversaire. Entre temps j'avais rencontré un garçon, fan des Beatles ET portrait craché de Mc Cartney, et à 12 ans, quand un garçon nous plait, on fait comme lui et on écoute la musique qu'il aime (enfin moi, j'étais comme ça).
J'ai donc ressorti les CD des parents (à savoir  "One" et "Let it be"). 

BIM!


Les larmes aux yeux en écoutant "I, Me, Mine". Je savais que j'avais entendu cet air étant gamine, impossible de savoir quand et de savoir pourquoi ça me faisait cet effet, mais le résultat était concluant: Merde, j'étais devenue fan des Beatles (et cette passion, elle, était vouée à durer).

S'en suivi une longue, LONGUE, période de Beatles Mania, à lire tous les trucs possibles et imaginables sur eux et à écouter toutes les chansons en boucle. C'était mon sujet de prédilection. Je savais TOUT. J'aurais pu parler de la chienne de Macca et des 3 chats de John pendant des heures. 

Bref.

Avec les années, ma "Beatles mania" s'est calmée et j'ai un peu laissé tomber ça, en soutenant tout de même que les Beatles était le plus grand groupe du monde à qui voulait bien l'entendre.

Et puis, l'an dernier, j'ai eu une espèce de "Revival Beatles" (en même temps, vu le temps que je passais allongée sur le sol de mon appartement à attendre le sommeil en maudissant la chaleur Grenobloise, ça peut se comprendre...). Je me suis donc refait les albums, et j'ai commencé à m'intéresser un peu plus en détail à Mc Cartney, en particulier avec les Wings. Ah la baffe. 
On décernera facilement l'award de "la chanson qui reste le plus longtemps en tête" à Let 'Em In (9 jours, de quoi la détester).

(Bon ok, où est-ce qu'elle veut en venir là?).

Bon, tout ça pour dire qu'hier je suis allée voir Paul Mc Cartney à Bercy. 


Avec les décès récents du côté des stars du Rock, j'avais peur que l'univers décide de faire un Big Band m'voyez, j'ai donc rapidement pris mes places pour le concert du 30 mai. J'allais y aller seule, mais tant pis.

Donc voilà. Hier, 30 mai. Je me lève sans être trop excitée, je fais ma journée de boulot tranquillou, bilou.
Et sur les coups de 16H, la pression monte. 
"Merde, ce soir je vais voir Paul Mc Cartney. Le mec qui a fait partie du plus grand groupe du monde. Le mec qui m'a fait pleurer dans mon lit sur For No One pendant des mois. Le mec qui a un peu fait de moi ce que je suis sans le vouloir. Ce mec là putain"

Fiiiiuuu j'ai du mal à respirer, ça y est. Je vais m'évanouir, je vais me faire sortir c'est sur, je vais pas supporter.

17H30: Je quitte le boulot pour me rendre à Bercy. 
Après quelques péripéties pour chopper la 14 à Châtelet, je rentre dans la salle sans encombre, même pas besoin d'attendre sous la pluie.

18H30: L'attente commence. 
Je suis à ma place, balcon N, rang 87, place 9.
La salle se remplit peu à peu.
Je vais faire pipi, trop excitée.

19H: Merde, encore envie de pisser.

19H45: Putain, mais qu'est-ce que j'ai bu bordel ? 

19h47: Un couple s'installe à côté de moi. Ils ont la trentaine et sont venus avec leur charmante petite fille qui doit avoir dans les 5 ans. Elle porte un diadème et une jolie robe à paillettes. Le père a les yeux qui brillent. Je l'entends expliquer à sa fille ce qui va se passer plus où moins en ces termes "Tu vois chéri, là bas c'est la scène, et bientôt y'aura Paul Mc Cartney qui va venir jouer, le chanteur préféré de papa. Tu verras plus tard, mais il a fait partie des Beatles tout ça, et ce qu'il fait c'est vraiment bien". 
Séquence émotion. Je me dis que c'est vraiment "beau". 
 Dommage que ce soit rarement une bonne idée d'emmener ses jeunes enfants à des concerts hein, le couple est parti au bout de 45 min car la petite pleurait à chaudes larmes. #Epicfail.

20H: Le DJ set commence. La salle commence à s'impatienter. Sgt Pepper m'arrache une larme (enfin, plusieurs, un gros sanglot en fait). Je suis aux anges. 

20H45: Bon, dernière pause pipi.

21H: Ça commence ou pas?

21H02: Il est où ? Me dites pas qu'il est mort bordel ! 

21H05: Le concert commence. 

"Salut les copains !". Salut Paul, je t'attendais.


A Hard Day's Night pour se chauffer. 
Chanson au caractère assez exceptionnel car elle revient sur cette tournée alors quelle n’avait plus jamais été jouée sans John (soit depuis 1965 visiblement).

Après 1 ou 2 chansons je me dis "Bon, il a quand même un peu vieilli le Macca".
Mais Paul n'est pas là pour enfiler les perles. Il évoque rapidement les attentats et nous promet que nous allons passer du bon temps.
Et en effet. Le mec est un moteur diesel, il lui faut 2min pour démarrer, mais après... Après...

Les titres s'enchainent. Du Beatles évidemment, du Wings et ses titres persos.

(Ordre des titres ci dessous non contractuel).

Hommages vibrants à George Martin, John Lennon, Linda et George Harrison. 
(Oui j'ai pleuré sur Something, oui beaucoup).

Paul parle en français. Il joue Michelle et entonne "Sur le pont d'Avignon".
Je pense à ma mère sur Eleanor Rigby.
Je pleure sur The Fool On The Hill et You Won't See Me.
Let me roll it déboite salement.

Un "Give Peace a Chance" joué rapidement suite à une demande du public.

Hey Jude qui dure 10 bonnes minutes avec un public qui entonne des "Laaaaa laaaaa laaaa la la la la".

Une marseillaise entonnée spontanément par le public, suivi de quelques notes de God Save The Queen.

Et puis, les flammes sur Live & Let Die.

 

Je m'égosille sur toutes les chansons. Je les connais presque toutes par cœur de toute façon. 

Unique regret: Je suis seule et je ne peux donc pas annoncer le messie correctement « Regardez le, ne comprenez vous pas ? Il a la réponse ! Repentez vous pécheurs! » .

Je suis sur le côté mais le son est réglé aux petits oignons. Le moindre aigu (même ceux un peu faux sur I've got a feeling et Here, There and Everywhere (qui m'a fait pleurer aussi tiens) est audible).

Ses musiciens sont exceptionnels, et en plus d'être bassiste et pianiste, Paul nous tape des solos de bâtard (sur du Hendrix, s'il vous plait !).

Il prendra même le temps de "superviser" une demande en mariage sur scène (avec un mec qui pleurait comme une madeleine, mais en regardant Paul hein, entendons nous bien).

Près de 3h de show (à bientôt 74 ans, ce n'est pas rien, Paul McCartney sponsor officiel des JO) pour simplement faire comprendre que "Oui tu as 20 ans, ou 30, ou 40, peu importe, mais JAMAIS, tu entends, JAMAIS tu n'arriveras à la cheville de Sir Paul Mc Cartney". Totalement incroyable. 

Et pourtant, malgré mon "jeune âge", j'en ai vu des concerts; des grands (Pulp, Blur, The Hives...), des petits seulement par la taille (Rhesus, Firecrackers, Like A Dream...), mais là... 
Une véritable leçon de vie.

Plénitude. 


Le temps s’arrête. J'ai l'impression que ça pourrait durer des heures. Je reçois ce concert comme les tables de la loi au Mont Sinaï. L'impression d'avoir trouvé une quelconque vérité. Juste l’impression de rencontrer l’Histoire. 

Il y a deux jours (Dimanche), j’ai croisé une américaine qui ma demandé si je connaissais Jésus et si je l'avais rencontré. Je lui ai évidemment répondu que j’étais une femme (fan) de Sciences et que ma seule croyance était la théorie de l'évolution (#Darwin #TuPeuxPasTest). 
Elle m'a ensuite demandé comment je pouvais expliquer les empreintes digitales ("Heuuu Science Bitch ! ").

Hier (Lundi), mes croyances ont changé, j'ai rencontré Paul Mc Cartney.

Totalement mystique.

J'en ai parlé avec la seule personne de mon entourage qui ait, à ma connaissance, vécu la même chose et verdict:  

"Hegel disait de Napoléon "j'ai vu l'esprit du monde passer à cheval sous ma fenêtre", avec Paul c'est toute la culture pop du XX et XXI eme siècle"


Merci, je n'aurais su mieux résumer.






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